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Fleur Pop et onde de choc
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| Hier installée dans un immeuble du
centre de Toulon, l'agence BBG a choisi d'inverser la donne en
construisant son atelier au large dans le parc tertiaire de Valgora, à
quelques kilomètres. Redoublant d'enthousiasme, les trois architectes
parviennent à insuffler un souffle de gaieté et d'optimisme dans un site
a priori déprécié, en bordure de l'autoroute Toulon-Nice.
Leur méthode : retourner les défauts inhérents à l'environnement en atouts. Simple boîte posée sur son pré carré, la nouvelle construction joue avec les signes pour inventer son histoire. Réifiée par un jeté de passerelle en guise d'accès, elle plane, légère au-dessus de la mêlée. Plus parlante que n'importe quelle enseigne alentour, les grandes toiles cousues de fleurs Pop hors d'échelle qui emballent ponctuellement l'ouvrage sautent aux yeux comme une invitation. Plus qu'un caprice, le dispositif est indispensable pour tamiser la lumière du Midi sans obérer les vues en dépit du coût de fabrication par une voilerie locale. Filtrées par ces gazes psychédéliques, les grandes baies en mur-rideau cadrent les orientations privilégiées, notamment au nord-est sur le mont Coudon. L'entrée disparaît sous le même motif lacéré en portière. Les parties pleines revêtues de bardage en acier laqué bénéficient d'une égale créativité avec le dessin d'un profil en dent-de-scie, plissé et plié spécialement pour l'opération. Sous le soleil, le contraste violent entre le pli éclairé et le pli dans l'ombre confère au matériau des allures de store ou de ventelles qui contribuent au sentiment d'appropriation en se démarquant de l'onde classique du hangar industriel. Moins expérimentale, la construction est efficace, réalisée en profil du commerce pour la charpente acier et en coffrage collaborant à sous-face galvanisée apparente pour les planchers. Elle autorise cette grande souplesse de distribution intérieure chère à ces concepteurs qui misent sur le travail en équipe. Un grand vide central articule deux pôles avec bureaux et ateliers de dessin aussi décloisonnés que possible, autorisant toutefois l'individualisation d'un pignon réservé à la location. Au final sont trouvés 300 m2 répartis sur deux niveaux, un sous-sol complet pour les archives, des places de stationnement alentour et surtout, un jardin de fleurs comme autant de projets à cultiver. Inestimable. Florence Accorsi
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